MOOV NE SUPPORTE PAS LES BLOGGERS MALAGASY, ça tombe bien, nous non plus …


La liberté d’expression est diversement appréciée à Madagascar. MOOV, un FAI Malagasy, connue par son slogan “Internet revolution”, s’est récemment fait remarqué par une action plus qu’injustifiée que maladroite auprès du blogosphère locale; cette entreprise qui prône la révolution numérique à Madagascar, a dernièrement assigné en justice un blogger Malagasy: SSD DAGO, pour “propos injurieux et diffamation”. C’est ce qui a été porté à ma connaissance le 03 mai 2011 sur Facebook.

Crash

Tout a commencé avec le crash de la connexion de MOOV en mars 2011. Officiellement justifié par ce dernier comme étant le résultat d’une rupture du cable Eassy, ce crash a soulevé un tollé monstre dans la communauté web de Madagascar. Facebook, Twitter, les forums et les blogs sont devenues du jour au lendemain la “place 13 Mai” des internautes Malagasy, protestant contre le non respect de leur droit à une connexion digne de ce nom, digne de notre époque, et surtout digne de leurs attentes légitimes promises dans le contrat passé avec MOOV. Face à tout celà, MOOV a opté pour la stratégie qui lui paraissait la plus intelligente: le silence.

Faisant partie des usagers qui ont de sérieux griefs contre MOOV, SSD DAGO comme beaucoup de ses compères bloggers, a vociféré contre ce FAI dans son blog.

Les billets rageurs contre MOOV

Le 14 mars 2011, SDD DAGO a publié un billet qui exprime tout son dégout pour MOOV. En effet, se sentant trahi, floué et pris au piège par un contrat de 24 mois qui lui donne droit sans réserve aucune à une connexion de 01 Mbps, SDD DAGO n’a trouvé refuge que dans son blog, unique plateforme lui appartenant  (à défaut de canarder MOOV via presse traditionnelle) qui lui permettait de dénoncer ce qui va de travers à Madagascar. Bien que le titre soit un tantinet provocateur, il exprime parfaitement le ressentiment général des usagers de MOOV. Les informations qu’il publie dans ce billet sont toutes véridiques et ne sauraient être interprété comme étant de la diffamation. L’injure caractérisé dans le titre ne saurait être appréciée en tant que telle. En effet, le terme “MOOV de merde” est, depuis le début des problèmes de connexion, fréquemment utilisé par les forumistes de MOOV (dont les discussions ont été soigneusement supprimé). Le terme ayant été utilisé maintes et maintes fois, il a acquis une propriété d’identification de l’ensemble des problèmes de l’entreprise. SDD DAGO n’a fait que reprendre ce terme. “MOOV de merde” est devenu en quelque sorte une sorte d’anti-slogan puisque mettant surtout l’accent sur les imperfections (restons polis) des offres de l’entreprise.

Le 21 mars 2011, SDD DAGO a sorti un deuxième billet  qui tire des boulets rouges sur une annonce publique que MOOV a enfin publié. Mettant en doute la sincérité et surtout l’honnêteté de MOOV dans cette annonce, SDD DAGO suggère l’envoi d’une lettre avec recommandé qui exige une juste réparation de la part de l’entreprise pour dommages et griefs causés. Cette démarche en soi n’a rien de répréhensible, en effet, il est tout à fait normal que après tort causé, les victimes demandent réparation auprès de celui ou celle qu’ils estiment être le principal fautif. Cette démarche, comme il est proposé içi, se fait d’abord à “l’amiable”. Le recours judiciaire auprès du tribunal compétent ne prend place qu’une fois cette démarche amiable qui priorise une réparation conventionnelle, échoue.

Le 23 mars 2011, un troisième billet accuse MOOV d’avoir menti à ses clients. En effet, dans son annonce qui est parue le 21 mars 2011, MOOV a promis que les réparations sur son câble Eassy ne prendraient que 48 heures. SSD DAGO a fait remarqué qu’au terme de ce deadline, la connexion est restée toujours la même: débile.
24 mars 2011, SSD DAGO a informé sur son blog qu’il a envoyé une lettre auprès de l’OMERT (Office Malagasy de l’Etude et de la Régulation des Télécommunications) dans laquelle il se plaint des déboires avec son FAI et par laquelle, il demande à cet organisme de régulation d’intervenir dans le cadre de la protection des intérêts des usagers d’internet. Ayant lu scrupuleusement le contenu de cette lettre, je peux m’avancer à dire que les faits y énoncés ne soient point factices et que par ailleurs, aucun terme désobligeant envers MOOV ‘y est décelé. Cette lettre fait partie des recours administratives (la seule d’ailleurs) à la portée des usagers internet pour dénoncer un ou des abus dans le secteur. Donc on est en face ici d’une démarche tout à fait légale qui respecte tous les conditions de forme et de fonds.

Réaction de MOOV …

Il faut savoir qu’à aucun moment, MOOV n’a daigné répondre à ses détracteurs, faisant croire du coup à ses clients que leurs problèmes de connexion étaient le dernier de leur soucis. Il y a fort à parier que c’est le dernier billet de SSD DAGO qui est à l’origine de la décision de MOOV de porter l’affaire en justice. L’objectif étant de réduire au silence un blogger qui ne cesse de raller et qui commence à être perçu comme dangereux pour l’image de l’entreprise. Mais le fait est que SSD DAGO n’est pas du tout le seul blogger ou le seul de ses clients qui fait du bruit … alors pourquoi lui?

Jusqu’à présent, les aboiements étaient de nature à ne pas inquiéter MOOV parce que se déroulant en “vase clos” Les choses sérieuses commencent avec l’envoi de la lettre à l’OMERT. En effet, plus qu’une dénonciation, cette correspondance démarre un processus administratif contre MOOV initié par l’état. Il s’avère donc primordiale pour MOOV de discréditer au maximum l’auteur de la lettre pour pouvoir “éteindre” ce début d’enquête administrative puisqu’ayant été initié par une personne de mauvaise foi.

Calomnie ou diffamation?

La diffamation n’est pas expressément prévue par le code pénal Malagasy. Néanmoins, ce même code prévoit la calomnie comme étant une infractions pénale.

Art. 373 – Quiconque aura, par quelque moyen que ce soit, fait une dénonciation calomnieuse contre un ou plusieurs individus aux officiers de justice ou de police administrative ou judiciaire, ou à toute autorité ayant le pouvoir d’y donner suite ou de saisir l’autorité compétente, ou encore aux supérieurs hiérarchiques ou aux employeurs du dénoncé, sera puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 100 000 Ariary à 4 500 000 Ariary.

Le tribunal pourra en outre ordonner l’insertion du jugement, intégralement ou par extrait, dans un ou plusieurs journaux, et aux frais du condamné.

Si le fait dénoncé est susceptible de sanction pénale ou disciplinaire, les poursuites pourront être engagées en vertu du présent article soit après jugement ou arrêt d’acquittement ou de relaxe, soit après ordonnance ou arrêt de non-lieu, soit après classement de la dénonciation par le magistrat, fonctionnaire, autorité supérieure ou employeur compétent pour lui donner la suite qu’elle était susceptible de comporter.

La juridiction saisie en vertu du présent article sera tenue de surseoir à statuer si des poursuites concernant le fait dénoncé sont pendantes.

Il s’avère encore assez tôt pour faire une analyse approfondie juridique de l’affaire, nous nous en tiendrons donc là pour le moment …

Le procès de SSD DAGO est actuellement en train de se dérouler au tribunal Anosy, salle n°: 02. Son avocat n’est autre que le renommé Maître Koto Radilofe.

Ce procès revêt une importance particulière pour les bloggers Malagasy puisqu’il s’agit ni plus ni moins d’un procès d’intention mené par une firme multinationale qui n’apprécie pas être critiquée surtout lorsqu’elle est dans son tort, contre un blogger, un client de surcroit, qui n’a a fait que dénoncer un état de fait qui lui était dommageable à plus d’un titre.

Aujourd’hui à la barre, c’est TOUS les bloggers Malagasy qui forment la partie défenderesse. C’est NOTRE COMBAT.

6 thoughts on “MOOV NE SUPPORTE PAS LES BLOGGERS MALAGASY, ça tombe bien, nous non plus …

  1. Que demande DTS/MOOV au juste,le retrait de l’article ?
    -Trop tard car internet n’oublie pas ! L’article sera copié de site en site, DTS peut commencer à mobiliser ses avocats ..

    De la Publicité ?
    -Pas de soucis on s’en charge.
    Internet est un lieu d’expression, si DTS ne sait pas communiquer en répondant à l’article autrement que par un procès, cela prouve simplement qu’ils font partie du passé.
    Sachez que vous n’êtes pas seul.

  2. Enfin, un gars qui a eu le courage de s’exprimer et de dire haut et fort le fond de ses pensées. Excellent poste, oui oui. Courage SSD DAGO, nous sommes tous avec toi.

  3. Les entreprises et multinationales sont plus puissantes que les États Nation. Même les États se font attaquer juridiquement et perdent contre certaines entreprises et multinationales. Le nouvel ordre mondiale ou gouvernance mondiale avance à grand pas et la Bible dans ses prophéties l’avait prédite.

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